Le diplômé : de l’espoir au désespoir

Alphonse Ndayirorere, étudiant à l’Université du Lac Tanganyika

Il y a longtemps, où aller à l’université était la voie simple et tracée pour réussir sa vie. Tout jeune rêvait un jour mettre pied à ce grenier du savoir pour en sortir avec sourire. Un meilleur emploi semblait tendre grandement les mains à tout jeune fraichement diplômé. C’était il y a longtemps.
Un jeune qui terminait son cursus académique était aussitôt embauché quelque part. Parfois même certaines institutions étatiques ou privées faisaient déjà les yeux doux aux meilleurs étudiants finalistes pour leur proposer un stage d’essai voire un contrat dès l’obtention de leurs diplômes.
Actuellement, les critères de recrutement ont changé, ils sont devenus opaques voire même discriminatoires. L’appartenance politique, le rang que la famille occupe dans la sphère politique, l’appartenance religieuse… sont devenus des critères de sélection qui sont aujourd’hui des sources de frustrations chez certains jeunes. Pire, c’est lorsque la corruption s’invite. Les jeunes garçons doivent consacrer une partie du salaire à celui qui lui a trouvé cet emploi, des jeunes filles sont parfois obligées à se « prostituer » pour le décrocher.
Pour un jeune diplômé, le premier emploi résulte d’un véritable parcours du combattant. Comme pour décourager les jeunes diplômés, les recruteurs veulent souvent d’un jeune ayant acquis au moins deux années d’expérience. Comment cela serait-il possible quand il a de la peine à décrocher son premier emploi ?

La crise par laquelle notre pays le Burundi est passé à emmener son lot de problèmes. Parmi ceux-là, le chômage des jeunes qui peut être considéré comme une bombe à retardement.
Je ne suis pas politologue, ni spécialiste en matière d’emploi mais vous constaterez que les pays en voie de développement, connaissent des avancées significatives en matière d’infrastructures scolaires et académiques et mettent un accent particulier sur la politique de la gratuité de l’enseignement. Mais une question reste encore en suspens : quel serait le sort de ces jeunes une fois leurs diplômes en mains ?

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